CES 2014 : les 3 tendances à retenir


 

La grande bamboula de l’innovation vient de fermer ses portes. Retour avec l’institut de recherche technologique B<>com sur ce qui nous attend demain…

Avec ses 3200 exposants, 150 000 visiteurs, 4500 journalistes et ses kilomètres de stands à parcourir, le Consumer Electronic Show (CES) donne vite le tournis. Au-delà des impressions « à chaud » déjà partagées, du buzz de la brosse à dents connectée de Kolibree (pourtant épinglée par la capsule The Ridiculist de CNN en prime time jeudi dernier) ou des défaillances de Mickaël Bay, quelles tendances conserver de cette édition 2014 ?

Internet of everything

On a à peine eu le temps de commencer à parler d’IOT (Internet of Things, internet des objects) que déjà se profile la suite, « l’Internet de tout » ou plutôt « le tout connecté. » Symbole de cette révolution en marche, tous les bracelets et autres objets portables (wearable devices) présentés par des marques parfois très éloignées, se retrouvent sur cette tendance lourde de la mesure personnelle, qui consiste à analyser le moindre de nos mouvements, la moindre de nos habitudes. Les technologies basse consommation (blue tooth blue energy), la miniaturisation et la production massive de capteurs, la meilleure performance des réseaux rendent possible cette invasion du quotidien par des objets « intelligents ».

Reste à savoir, de toutes ces innovations, lesquelles survivront vraiment; la maison intelligente, la voiture, la e-santé, le sport et le bien-être apparaissent comme les marchés les plus prometteurs. Cette tendance vient accentuer une autre lame de fond : le big data. Car derrière tous ces objets connectés, c’est bien l’enjeu de l’analyse de données massives qui fera la différence et l’intelligence de ces objets connectés.

Immersion

Ecrans incurvés, image Ultra Haute Définition (premiers écrans 8K), son 3D : tous les manufacturiers tendent vers un seul but, décupler l’expérience du spectateur et l’immerger plus encore dans les contenus (films, jeux) qu’on lui présente. La 8K semble déjà plus prometteuse que la génération actuellement en déploiement (la 4K) : elle rend possible la sensation de relief même sans lunettes ou techno 3D et offre ainsi un vrai saut dans la plus-value apportée au consommateur. Le son, celui qu’on emporte partout autant que celui de son salon, est en pleine transformation aussi : il s’enrichit, il s’affine, il se déploie et transporte l’auditeur autant (voire plus ?) que ces nouvelles qualités d’images. Les écrans incurvés (des grands modèles comme sur les téléphones) viennent boucler le dispositif en donnant la sensation d’envelopper le spectateur et de le rapprocher des contenus.

Comme toujours, il faudra que les créateurs de contenus digèrent le potentiel de ces nouvelles technos et les intègrent dès l’écriture des scénarios pour que l’expérience ne s’avère pas décevante (et que l’effet « wow » ne se dégonfle pas pour la énième fois avec des contenus jamais à la hauteur des nouveaux instruments de diffusion).

Hors du design, point de salut

Créer de la pertinence et du désir pour un objet, favoriser son achat et son utilisation, voilà quelques uns des rôles assignés au design. Ce soin apporté à la conception et la réalisation étaient omniprésent au CES ( à noter l’apparition de nouveaux designs sur les grands écrans intégrant les hauts parleurs, du verre sur les structures de support…).

Au rythme où prolifèrent les objets directement concurrents (plusieurs dizaines de bracelets fitness par exemple, des centaines de casque audio…), l’exercice de style et la qualité d’interface des applis deviennent déterminants dans le succès commercial et la différenciation. Parce que nous les portons sur nous ou les exposons dans nos foyers, nous devons adopter les objets connectés et donc les aimer. « La laideur se vend mal » disait le grand Raymond Loewy. On peut imaginer que le CES se transforme un jour enFashion Week, où des mannequins défileront pour présenter les collections de vêtements intelligents tout juste créés. Salon du prêt à porter techno plutôt que salon techno ? Il est déjà presque devenu un salon de l’auto en 2014.

Pour conclure, on peut s’étonner d’avoir si peu entendu parler de sécurité des données lors de ce CES; ni l’affaire Snowden ni le fait que la plupart des objets de la section du « digital health » collectent des données extrêmement personnelles ne semble troubler les acteurs du domaine. Quant aux marques, au-delà de celles qui fabriquent et conçoivent ces nouveaux produits et services, elles ont tout à gagner à observer et tester ces nouvelles technologies si elles veulent injecter un peu d’innovation à leur image et à leur essence…
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